Ce soir, j'avais prévu de vous parler du nouveau site web, non officiel, découvert grâce à Guillaume, consacré à TV Tours... Mais après avoir visité le dit site, je reste un peu sur ma faim et attendrait qu'il s'étoffe pour oser un commentaire constructif !
Aussi, je préfère vous parler de ma dernière lecture : il s'agit du dernier livre de Jean-François Copé, notre jeune ministre délégué au budget et à la réforme de l'Etat : "Promis, j'arrête la langue de bois". Voilà un programme dont pourrait s'inspirer la grande majorité de nos hommes et femmes politiques nationaux...
C'est en zapPant dimanche dernier devant mon téléviseur que je suis tombé sur l'émission de Michel Drucker "Vivement dimanche" dont JFC était l'invité ("JFC", il parait que c'est ainsi que ses proches l'appellent !).
Comme beaucoup, j'avais aperçu dans les médias, celui qui était censé nous apporter la bonne parole gouvernementale. Je savais l'homme talentueux et ambitieux. J'ai découvert un personnage sympatHique, drôle, ne se prenant (pas trop) au sérieux, bref, un homme de son temps et j'ai eu envie de mieux le connaître.
Hier soir, en gare de Poitiers, en attendant mon TGV qui me ramenait vers Tours après avoir laissé ma petite famille en Limousin, j'ai aperçu la couverture du dernier livre de JFC en "tête de gondole" du Relais où j'achetais un journal pour passer le temps... Allez, un livre de plus dans ma grande collection de livres politiques. Je m'attendais à un livre d'anecdotes sur la dure vie de ministre... j'ai découvert surtout un homme de conviction, d'écoute et de propositions.
En 260 pages bien écrites (et compréhensibles même si l'on est pas sorti de l'ENA !), JFC nous livre un vibrant - et convainquant - plaidoyer sur le rôle des politiques en général et des ministres en particulier. Si le livre est parsemé d'anecdotes qui en rendent la lecture agréable, JFC nous y expose quelques unes de ses convictions profondes égrenées de vraies propositions concrètes sur de nombreux sujets qui touchent à la vie quotidienne de ses concitoyens. Je ne vais pas résumer tout le livre ici tant il y aurait à dire mais quelques passages m'ont particulièrement marqué et prouvent qu'un homme politique peut être en adéquation avec nos attentes.
Sur l'Université et la Recherche par exemple, JFC explique que seule l'Europe peut nous permettre de concurrencer les américains et les asiatiques. A quand une université de droit Paris-Oxford-Berlin plaide notre ministre ? A quand la création d'une agence européenne de recherche pour financer, récompenser et promouvoir nos meilleurs savants ?
Mais c'est effectivement sur la fin de la langue de bois, sur le refus du "politiquement correct" que JFC est le plus convainquant. Et c'est avec son expérience d'élu local (il est maire de Maux depuis 1995), que JFC nous livre ses réflexions les plus pertinentes. A la suite d'une rencontre avec l'historien Emmanuel de Waresqueil qui avait publié une biographie de Talleyrand, JCF affirme :
"Pendant des siècles, la France a vécu dans la violence à cause des enjeux de mémoire de la Révolution française : des enjeux politiques, religieux, sociaux... Le même piège nous est tendu aujourd'hui. Si l'on veut en sortir, il faut en finir avec la logique infernale des catégories. Puisque chaque citoyen est un enfant de la République, alors seule doit compter sa propre valeur. Et c'est à la République de faire en sorte que chacun ait les mêmes chances de donner le meilleur de sa valeur pour lui-même, pour ses enfants et pour son seul pays, la France."
Et JFC de nous proposer de vraies "pistes de travail" pour lutter contre l'élargissement permanent du fossé entre les Français, contre cette "concurrence des mémoires" qui tend à ce que chacun ne voit qu'à sa porte, que par rapport à son vécu, à son histoire, à ses origines. Réconcilier les Français entre eux, leur rendre leur fierté d'appartenir à une nation sans que cela soit ringard et sans que cela ne se limite aux soirs de victoire de l'équipe de France de foot. Voilà un ambitieux pari que Copé semble vouloir prendre à bras le corps. Ces pistes évoquées par JFC sont concrètes : mise en place du tutoriat et d'internats au niveau local sous le contrôle du maire, création d'un service civil obligatoire, "école du respect, de discipline et de connaissance des autres".
JFC revient également sur la mise en place des 35 heures qui a "gravement atteint le rapport des Français au travail", avis que je partage depuis que j'ai la responsabilité de ma petite PME. Combien de fois n'ai-je pas entendu un candidat me poser comme première question lors d'un entretien d'embauche "Et vous êtes aux 35 heures ?". Je partage l'avis du ministre : ce ne sont pas les "salariés qui sont à blâmer mais le système qui est mal fait."
"En France, l'envie qui bien souvent domine n'est plus celle de réussir, de s'accomplir professionnellement, mais plutôt de trouver ce fameux travail tranquille, ce statut censé mettre à l'abri du risque."
Tout au long d'un récit qu'il qualifie lui-même de "parcours initiatique", Jean-François Copé cherche à réconcilier ses concitoyens avec la politique et l'exercice est à mon sens réussi. Il nous avait promis d'arrêter la langue de bois, il va bien au delà, il assume ses choix, ses erreurs, ses convictions. Cela fait du bien. Il faudrait beaucoup de Jean-François Copé, de droite comme de gauche, pour faire avancer les choses. Quant à l'original, je prends le pari qu'on va en entendre de plus en plus parler*.
* Je viens d'écouter le dernier podcast de Loïc Le Meur. Il nous en annonce un prochain avec JFC ! A suivre...
PS : Au dos du livre de JCF, je découvre "Pour prolonger le débat : www.jeanfrancoiscope.fr". Je suis allé voir... et écouter les podcasts du ministre. Il y a des progrès à faire sur la qualité du son... mais c'est un début... et cela a le mérite d'exister !
PS bis : A la relecture, certains passages de cette note m'apparaissent confus... Une raison supplémentaire pour lire la prose du ministre... ;-)

Tiens c'est marrant. Avec sa tête de premier de la classe et de beau gosse, je le voyais plutôt consciencieux et séducteur, ce M. Copé, mis il semblerait qu'il ait des bonnes idées ! Au vu de ton article, je partage pas mal d'idées avec lui, notamment les prises de positions sur l'Europe et sur le Service Civil Obligatoire (il faudra que je pense à faire une note là-dessus !) Ce qu'il dit sur la "concurrence des mémoires" est très intéresant, sans parler de ce genre de patriotisme moderne qu'il prône, et dans lequel je me reconnais totalement ! Vraiment, si je n'avais pas déjà quelques tonnes de lecture qui m'attendaient sur un coin de bureau (sans parler du bac ...), j'irai sans doute lire ce livre. Les Français ne demandent que la fin de la "langue de bois", mais pourra-t-elle un jour avoir lieu ? Le discours de JFC et la description que tu fais de son bouquin inspirent plutôt confiance.
Rédigé par: Simon | mercredi 19 avril 2006 à 15h36
Ce livre m'intéresse, je pense que je vais aller me l'acheter! ;)
Rédigé par: Yannick | mercredi 19 avril 2006 à 18h03
Je n'ai pas l'habitude de juger les gens sur leur physique, ne serait-ce, mais pas seulement, que pour ne pas être moi-même uniquement considéré en fonction de tels critères, ce dont je n'aurais personnellement sans doute rien à gagner. Je ne considère donc pas la beauté comme une vertu propre de l'individu, d'autant qu'il s'agit là d'une notion plus ou moins variable selon les personnes, les peuples ou les périodes.
Soit, mais de là à dire, comme le jeune intervenant qui précède, que Copé est beau gosse... il faudrait voir à ne pas exagérer non plus dans l'enthousiasme pro-gouvernemental.
Certes, sur le plan de ses qualités personnelles, ce n'est sans doute pas le pire de la bande et il s'acquitte qui plus est d'un rôle ingrat en étant porte-parole du gouvernement et, j'ajouterai, histoire d'être un peu polémique, de ce gouvernement-ci.
À part ça, laissez-moi vous dire que vous m'étonnez quand vous dites que vous avez acheté le bouquin dudit Copé, tant je croyais jusqu'ici que de tels ouvrages n'étaient lus que par des journalistes.
Mais bon, « beau gosse »... Il faut le vouloir.
Rédigé par: Chieuvrou | lundi 26 juin 2006 à 01h18
Cher Chieuvrou,
Je confirme des déclarations quant à la gueule de Copé : il a la tronche de quelqu'un qui réussit tout : un premier de la classe et un beau gosse. Dire cela n'a absolument rien de pro-gouvernemental, dans ma bouche et tout cas : j'aurai plutôt tendance à user de la même ironie que vous pour désigner l'actuel gouvernement, même si, au demeurant, je pense que tout n'est pas mauvais non plus à droite comme tout n'est pas bon à gauche ... J'ai tendance à picorer des idées de-ci, de-là, ça ne m'empêche pas d'émettre un jugement sur le physique d'un ministre, jugement que vous n'êtes certes pas obliger de partager ! :)
Salut !
Rédigé par: Le jeune intervenant qui précède | dimanche 02 juillet 2006 à 01h26