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mardi 18 novembre 2008

Des limites de l'engagement politique...

Le suicide d'un député de la Moselle nous rappelle de façon dramatique que l'homme politique est un homme comme les autres. Vérité de la Palice, me direz-vous... mais il est bon de temps à autres de rappeler quelques évidences qu'on oublie trop souvent.
Quitterie Delmas, déléguée Nationale du Mouvement Démocrate, consacre à ce sujet une note pleine d'humanité...

"Les politiques sont des êtres humains comme les autres. Forts et vulnérables comme les autres. Bons, brillants, dévoués, responsables, et pour une minorité, comme dans la population, hautains, dépressifs, fraudeurs, assassins, comme les autres hommes. Des êtes humains capables du pire comme du meilleur. Avec en plus, un environnement dans lequel tout est exacerbé : haines, passions, adrénaline, rapports de force, combats, luttes, fraternité, espérance, conquête du pouvoir."

Si je suis loin de partager en général les analyses de la responsable du Modem bien connue des blogueurs, je reconnais que c'est avec beaucoup de justesse que Quitterie aborde le sujet de l'engagement politique. Elle revient sur les sacrifices qu'il nécessite, sur les contraintes personnelles qu'il impose sur une vie de famille, une vie professionnelle, une vie amicale. Sur le temps surtout que le politique consacre à sa passion. Et la jeune responsable du Modem de pointer également les dérives du système que l'on rencontre ça et là, certes pratiquées par une minorité mais tellement néfastes pour la grande majorité de ceux qui font de la politique avec passion, abnégation et éthique.

Et je ne peux qu'être d'accord avec la conclusion de Quitterie lorsqu'elle désigne le responsable de ces dérives :

"Le responsable de cette spirale infernale : la professionnalisation de la politique française, sa longévité pathétique, ses enjeux personnels de vies qui dépassent complètement le sens de l'intérêt général, le cumul des mandats, qui font qu'on gagne un siège pour en maintenir un autre. Qu'au lieu de former ses successeurs et faire vivre par delà son destin personnel sa vision politique, ses valeurs, on se protège de tout ce qui pourrait ressembler à une concurrence. Le fameux nivellement par le bas. Les meilleurs de la société civile sont déjà partis au bout de 3 réunions dans les partis, ils n'ont pas la patience, et je les comprends."

Raison de plus pour qu'au delà des clivages traditionnels et des préférences partisanes, nous soyons de plus en plus nombreux à demander, à exiger, une autre façon de vivre l'engagement politique. Sans aller vers la "VIème République" que réclame Quitterie Delmas, je crois que le non-cumul et la limitation des mandats finira par s'imposer comme la principale solution pour réhabiliter la politique.

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