Pour la seconde fois, je suis heureux d'ouvrir ce blog à mon ami et colistier Alessandro Di Profio.
« Ça bouge à Tours », « il y a beaucoup de choses qui se passent dans la culture ». Qui n’a pas entendu ces phrases ? Elles passent d’une bouche à l’autre. Le service de la communication de la Mairie les martèle. Ces slogans sont répétés avec une telle conviction qu’on serait presque tenté d’y croire.
Or les faits sont là : le passé glorieux de cette ville ne correspond plus à son présent. Les touristes ? Ils sont quelques millions à visiter les châteaux de la Loire. Dans le meilleur des cas, ils traversent Tours sans s’y arrêter. Pendant les vacances d’hiver, toutes les salles de spectacle de notre ville sont fermées ! Pour une ville qui se veut dynamique et touristique, l’image est terne : on oublie ceux qui ne partent pas et on n’est pas non plus capables de retenir ceux qui passent par la Touraine.
Que penser quand on constate que le service de la communication de la Mairie, qui nous inonde de publicités à peine voilées pour Jean Germain, n’a même pas pensé à concevoir un site Internet pour le Grand Théâtre ? L’Opéra, vrai bijou doté d’artistes de grand talent, et en général l’activité culturelle tourangelle, méritent un site attrayant, bilingue, capable de valoriser nos offres. Personne ne paraît y avoir pensé...
Certes, me direz-vous, pourquoi créer un site Internet pour un théâtre ouvert 34 jours par an... ? Quel gâchis, quand on pense que, pendant les 331 jours qui restent, les ensembles de renom international basés à Tours, qui n’attendent qu’un lieu prestigieux pour se produire, se voient constamment refuser l’ouverture des portes ! En dépit des paroles officielles des politiques, la plupart des artistes tourangeaux sont priés d’aller se faire voir ailleurs.
Toute la politique culturelle de la mairie sortante repose en réalité sur quelques mots : improvisation (certains des meilleurs projets sont le fruit d’initiatives personnelles spontanées, sans aucune concertation ni vue d’ensemble), repli sur soi (toujours les mêmes personnes), clivage (aucune synergie n’est encouragée, bien au contraire...) et désintérêt affiché.
Finalement, tout est une affaire d’indifférence : la culture fait office de smoking, rangé au fonds de l’armoire, sous anti-mites, et que l’on sort tous les 6 ans.
Alessandro Di Profio
Les commentaires récents